Les rêves vus par l'Ayurveda
- Anahata Nimes Ayurveda
- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour

À travers les âges, les rêves ont toujours été perçus comme des expériences humaines à la fois fascinantes et mystérieuses. Depuis la nuit des temps, l’être humain manifeste une profonde curiosité pour ces images intérieures qui surgissent durant le sommeil, parfois étranges, parfois lumineuses, parfois troublantes.
Leur nature, leur origine et leur signification ont été observées, méditées et interprétées par de nombreuses civilisations anciennes, bien avant l’émergence des sciences modernes.
Selon les contextes culturels, spirituels ou philosophiques, les rêves ont pris des sens très différents. Dans certaines traditions anciennes, ils étaient considérés comme des messages du divin, des signes envoyés par les dieux, ou encore des annonces de l’avenir, donnant naissance à la notion de rêves prémonitoires.
D’autres cultures voyaient dans le rêve un espace de communication avec le monde invisible, les ancêtres ou le monde spirituel. Ailleurs, les rêves étaient perçus comme un miroir de l’âme, révélant la nature profonde du rêveur, ses désirs, ses peurs ou son chemin intérieur.
Avec l’émergence de la psychologie moderne, les rêves ont été abordés comme une expression de l’inconscient, un langage symbolique permettant d’explorer les conflits intérieurs, les émotions refoulées et les processus psychiques. Plus récemment, les neurosciences ont mis en lumière le rôle du cerveau pendant le sommeil, décrivant les rêves comme un processus physiologique et neurologique, participant à la régulation émotionnelle, à la mémoire et à l’intégration des expériences vécues.
Partout dans le monde, la symbolique du rêve occupe une place centrale, témoignant d’une intuition commune, celle que les rêves parlent un langage particulier, à la croisée du corps, du mental et de l’expérience humaine. C’est dans cette continuité que s’inscrit la vision de l’Ayurveda, qui considère les rêves comme un reflet subtil de l’équilibre intérieur, un miroir des doshas et de l’état du mental, et parfois comme de véritables messages de l’âme.
Aujourd'hui, je vous propose d'explorer le monde des rêves selon l'Ayurveda.
L'Inde regorge de concepts et d'approches sur les rêves qui sont relativement peu abordés et inexplorés en Occident. Dans la mythologie et la philosophie hindoues, fondées sur les Védas, se trouvent des connaissances et des compréhensions ancestrales riches en récits liés aux rêves et à leur signification, comme dans les Upanishads, les Puranas et de nombreux autres textes religieux et sacrés, tels que le Ramayana, le Mahabharata, la Bhagavad-Gita, le Padma Purana, le Yoga Vasistha... mais aussi les textes traditionnels ayurvédiques comme la Charaka Samhitha.
La plus ancienne référence aux rêves se trouve dans le Rig Veda (daté de 6000 avant notre ère), qui aborde les thèmes des cauchemars et des rêves éveillés. Un autre texte important, le Sama Veda, a été composé vers 1500 avant notre ère et accorde une importance considérable au contenu des rêves.
Selon les Upanishads (vers 700 avant notre ère), les réalités oniriques étaient abordées de manière plus systématique. Ils présentent avec éloquence deux points de vue principaux sur les rêves.
Le premier soutient que les rêves ne sont que l’expression de désirs intérieurs (comme dans la théorie freudienne de la réalisation des souhaits), tandis que le second est proche d’une croyance chinoise selon laquelle l’âme quitte le corps et continue d’être instruite jusqu’au réveil du rêveur.
Parmi tous les concepts abordés dans les textes anciens, on retrouve l'essence majeure du Soi éternel (atman), la classification en sept catégories des rêves et de l'acte de rêver, les rêves associés au sexe de l'enfant à naître et à la nature humaine (prakriti) tels que fondés sur la théorie ayurvédique des tempéraments (tridosha)...
Les cycles de la nuit
Les rêves apparaissent principalement durant la phase de sommeil paradoxal (REM sleep), un état particulier où le cerveau est très actif alors que le corps est profondément relâché.
Pendant cette phase, les zones liées aux émotions, à la mémoire et à l’imaginaire sont fortement stimulées, tandis que les régions responsables de la logique et du contrôle sont moins actives. Les rêves sont alors vus comme un processus naturel de régulation émotionnelle, de consolidation de la mémoire et d’intégration des expériences vécues dans la journée.
L’Ayurveda observait déjà que la nuit n’est pas un état uniforme mais un temps cyclique, rythmé par l’alternance des doshas. Au début de la nuit, Kapha domine, favorisant l’endormissement, puis tend vers un sommeil lourd et réparateur. Dans le milieu de la nuit, Pitta domine activant des fonctions de transformation pour une digestion physique, mentale et émotionnelle. C'est aussi la période de rêves intenses et de la régénération profonde de l'organisme. C’est dans cette phase que les rêves deviennent souvent plus intenses, plus vivants et plus chargés de sens.
Puis, en fin de nuit, Vata domine avec une mobilité mentale, le sommeil est plus léger, il y a une consolidation des souvenirs et des rêves, nous orientant vers un réveil progressif.
Là où la science parle d’activité cérébrale, de tri des informations et de régulation émotionnelle, l’Ayurveda évoque les messages de l’âme, le reflet des doshas et l’état du mental (Manas).
L'Ayurveda nous invite à observer les rêves comme un miroir précieux de notre équilibre intérieur, plutôt que comme un phénomène anodin.
En consultation ayurvédique, les rêves font partie des éléments observés pour mieux comprendre le terrain d'une personne. Leur fréquence, leur intensité, leur tonalité émotionnelle et leur contenu donnent des indications précieuses sur la constitution de naissance (Prakriti), les déséquilibres actuels (Vikriti) l’état du mental (Manas) l’équilibre des trois Gunas. Rêver devient alors une forme de diagnostic, une porte d’accès à nos états émotionnels et physiologiques
Dans les textes classiques de l’Ayurveda (Charaka Samhita, Sushruta Samhita, Ashtanga Hridaya), le rêve, swapna, est décrit comme un reflet de l’état du mental et des doshas. Il existe plusieurs types de rêves (liés à la perception, aux désirs, à l’imagination, aux déséquilibres doshiques; et certains peuvent même indiquer des signes cliniques importants.).
Des rêves très intenses, répétitifs, anxieux ou perturbants peuvent signaler un déséquilibre, même si la durée de sommeil semble suffisante.
Swapna, les rêves vu par l'Ayurveda
En Sanskrit, Swapna signifie littéralement «rêve ».
Cette expérience est décrite comme un état vécu pendant le sommeil dans lequel la conscience (de Manas, le mental et Atma, l'âme ) se manifeste sans interaction avec les sens externes. Il se produit quand les canaux mentaux (Manovaha Srotas) sont remplis ou influencés par les doshas, surtout si ceux‑ci sont en déséquilibre.
Dès l’origine, deux aspects des rêves ont été liés.
Un aspect important concerne le contenu des rêves (les images oniriques, le rêve tel que « vu » et vécu), tandis que le second concerne la forme du rêve (le processus de rêver), qui implique la relation entre le rêve et la vie éveillée.
Ces deux concepts sont généralement inclus dans le terme « swapna » (rêve).
Swapna peut aussi signifier sommeil dans certaines circonstances et utilisé dans de nombreux textes anciens à la place du mot "Sommeil" = Nidrā, śayana, svāpa, svapna, sṃaveśa. Son sens se relie aux expériences du sujet dans différents états de sommeil, telles qu'elles sont mentionnées dans divers contextes, notamment dans la carakasaṃhitā (texte ayurvédique en sanskrit)
Les rêves ne sont pas juste des images, mais le reflet de l’état intérieur du corps, du mental et des doshas. Ils peuvent révéler des informations sur la constitution (Prakriti), les déséquilibres actuels (Vikriti), et l’état des doshas. Ils sont également influencés par le type de sommeil, l’alimentation, les émotions et l’environnement.
« Swapna se manifeste lorsque, en sommeil, l’esprit, sans contact avec les sens externes est activé par des impressions internes (souvenirs, émotions ou déséquilibres doshiques). » (issu de la Charaka Samhita et des commentaires traditionnels)
Les Upanishads décrivent Swapna comme une des quatre grandes étapes de la conscience (éveil, rêve, sommeil profond, et quatrième état transcendant). Cela illustre que les anciens percevaient les rêves comme liés à différents niveaux de conscience, soulignant son rôle fondamental dans l’expérience intérieure de l’être.
Les rêves selon les doshas
Les rêves peuvent être classés selon le tempérament et la nature d'une personne.
Différents enseignants ont abordé l'interprétation des rêves en fonction des types de constitutions, Prakriti, et de l'état actuel des doshas, Vikriti. Cela signifie que la dominance d'un tempérament particulier peut être considérée comme responsable du type de rêves faits, et les cinq éléments fondamentaux qui dominent les personnages des rêves sont homologues à ceux qui dominent dans ce type de tempérament.
Les rêves sont décrits comme ce qui suit :
"Les personnes de tempérament air et espace (« vatta ») rêvent de voler ou de s'élever haut dans le ciel, de grimper aux arbres ou aux montagnes, d'arbres et de rivières desséchés et tortueux, ou de monter à dos de chameau. Celles de tempérament feu et eau (« pitta ») rêvent d'or, du soleil, de palasha (une plante ayurvédique réputée) et d'arbres boisés (« karnika »), d'un ciel rouge, de feu, de chutes de météorites et d'éclairs, ainsi que de flammes et de lumière éclatantes. Les personnes de tempérament eau et terre (« kapha ») rêvent généralement de lotus, d’étangs, de nuages et d’oiseaux aquatiques comme les oies ou les cygnes (« hansa ») et les tadornes casarca (« chakravaka »)."
Les rêves de Vata (Air & Éther)
Lorsque Vata est dominant ou aggravé, les rêves sont souvent rapides, fragmentés, agités, changeants, chaotiques, incohérents liés au mouvement ou à l’instabilité.
Il peut s'agir de rêves avec des changements constants de décor ou de situations, dans des espaces infinis, et un scénario sans logique.
Il peuvent être en lien avec le vent, les voyages, une chute soudaine, le désert aride, les serpents, des situations de fuite, des hauteurs vertigineuses,
On peut rêver de courir, de voler, de tomber, de perdre quelque chose ou d’être poursuivi. Ces rêves reflètent souvent un excès d’agitation mentale, d’anxiété ou d’insécurité intérieure.
Ils révèlent de la confusion, de la peur, un mental dispersé, une hyperactivité mentale, ou une fatigue nerveuse, une sensation de vide ou de flottement, voire d'angoisse inexplicable.
Ce type de rêve peut traduire un dérèglement du Prana Vayu, un des sous-dosha de Vata, qui gouverne le mental et le système nerveux. Un excès de Vata chez le réveur révèle souvent un besoin d'ancrage, de stabilité et de repos.
Dans ce cas, l'Ayurveda conseille des rituels apaisants comme une routine stable, une alimentation nourrissante et chaude, des auto-massages à l'huile chaude, des tisanes calmantes et un sommeil régulier.
Les rêves de Pitta (Feu & Eau)
Lorsque Pitta est en excès, les rêves deviennent très vivants et colorés, vifs, intenses émotionnellement parfois agressifs ou conflictuels.
Ils peuvent inclure des scènes de disputes, de compétition, de feu, de chaleur, de soleil, de combats, de guerre, de colère, de confrontations, des luttes de pouvoirs ou de contrôle excessif, avec des situations ou l'on doit gagner ou prouver quelque chose.
Des images telles que le feu, des éruptions volcaniques, des explosions ou une lumière très vive peuvent se manifester.
Le feu de Pitta peut s'exprimer à travers des scènes de conflits, de compétitions, de performances ou même de violences. Les rêves peuvent être très structurés.
Ce type de rêves se caractérise par une tension émotionnelle qui persiste même après le réveil, laissant une sensation de pression ou de surcharge.
D’ailleurs, il n’est pas rare qu’après un rêve de type Pitta, on se réveille le cœur battant et l’esprit encore agité, parfois même en transpiration.
Ces rêves traduisent souvent une surcharge mentale, une colère non exprimée ou une tension émotionnelle, du stress, ou encore de la frustration, un perfectionnisme exacerbé ou une ambition démesurée. Ils indiquent un feu intérieur excessif souvent lié à une pression mentale ou émotionnelle.
Ce type de rêves reflète un excès de l’élément feu et un excès d’activité du Sadhaka Pitta, un des sous doshas de Pitta qui gouverne l’intellect, les émotions et les aspirations.
Dans ce cas, l'Ayurveda recommande des rituels apaisants et rafraichissants tels que l'expression de ses émotions, la modération des stimulations visuelles (lumière, écrans...), une alimentation douce (saveur madhura), des respirations lunaires par la narine gauche comme Chandra Bhedana pranayama, un sommeil suffisant, le contact avec l'eau...
Les rêves de Kapha (Eau & Terre)
Lorsque Kapha domine, les rêves sont lents, lourds, flous, répétitifs, nostalgiques ou mélancoliques, comme au ralenti.
L'élément eau domine, avec la présence de rivière, d'eau stagnante, des lacs, de la pluie, des paysages aquatiques, de la neige, de brouillard, de la boue...
Ces rêves sont souvent liés à la nourriture, à l’attachement et à la sécurité. Des rêves où l'on explore le passé, revoir d’anciens amis, revivre des souvenirs d’enfance, vivre des retrouvailles, ressentir de la nostalgie pour des moments révolus...
La lenteur, l'immobilité, la stagnation peuvent se faire sentir, avec parfois le sentiment d’être coincé dans une situation ou incapable de bouger.
L’ambiance y est généralement paisible, parfois empreinte de romance ou de désirs inassouvis, mais avec une sensation de blocage. Ils peuvent être agréables mais aussi marqués par une forme d’inertie.
Ils indiquent parfois un manque de mouvement intérieur, une rétention émotionnelle ou une stagnation énergétique. Ils peuvent refléter de la tristesse, de la mélancolie, de la léthargie, une dépression, un attachement excessif au passé, de la réticence au changement dans sa vie quotidienne.
Kapha symbolise la stabilité, l’attachement, et l’humidité. Il ralentit les processus mentaux, ce qui donne des rêves où le temps semble suspendu, les mouvements fluides, et l’ambiance feutrée. Ces rêves sont liés à Tarpaka Kapha, sous-dosha qui soutient la mémoire émotionnelle.
Pour alléger l’excès de Kapha, on conseillera des pratiques dynamisantes et allégeantes comme de l'exercice physique doux mais régulier, une alimentation légère, chaude et épicée, une réduction des temps de sommeil, une ouverture à la nouveauté et expression émotionnell par l’art ou le mouvement.
L'Ayurveda considère donc les rêves comme un langage du mental subconscient influencé à la fois par les 3 doshas et par les Gunas (Sattva, Rajas, Tamas).
Les rêves et l’état du mental :
Le mental est influencé par les trois Gunas, qui colorent aussi les rêves.
Lorsque Sattva domine : les rêves sont clairs, paisibles, harmonieux et lumineux porteurs de sens apaisants et cohérents. Ils laissent souvent une sensation de paix, de compréhension ou d’inspiration au réveil.
Lorsque Rajas est dominant : les rêves sont agités, intenses, chargés émotionnellement parfois stressants ou violents. Ils reflètent un mental surstimulé, souvent lié au stress, à l’activité excessive ou aux émotions non digérées.
Lorsque Tamas domine : les rêves sont confus ou sombres lourds, parfois oppressants, sombres, brumeux, confus ou perturbants. Ils peuvent être associés à la fatigue, à la lourdeur digestive, à un manque de clarté mentale ou à un état de découragement.
L'observation des rêves nous permet d’évaluer :
L’état interne de nos doshas
La qualité de notre mental : clarté, agitation ou inertie
Les mémoires émotionnelles et inconscientes. En effet, certains rêves récurrents ou très marquants permettent de détecter les mémoires inconscientes et les traumatismes. Ils peuvent signaler un déséquilibre profond ou une émotion non digérée, exprimer des blessures non résolues, des émotions réprimées ou des blocages anciens.
Une approche ayurvédique complète peut aider à les reconnaître et à les apaiser, notamment grâce à la méditation, le pranayama, les plantes Medhya Rasayana (comme Brahmi, Ashwagandha, Mandukaparni), le travail sur les Gunas et l’éveil de Sattva.

Les différents types de rêves :
La classification des rêves (swapna) englobe l'expérience de l'éveil, les impulsions somatiques, l'imagination et l'influence du surnaturel.
Dans la Charaka Samhita, textes classiques de l'ayurveda, le médecin Acārya Caraka a catégorisé les rêves en sept catégories comme suit : vus (« dṛṣṭa »), entendus (« śruta »), vécus (« anubhūta »), influencés par des désirs intérieurs (« prārthita »), créés par l'imagination (« kalpita »), manifestés (« bhāvita ») et créés par un déséquilibre des tempéraments (« doṣaja »).
Les 7 types principaux de rêves selon leur origine :
Rêves basés sur les perceptions sensorielles : images ou sons vécus avant le sommeil ou enregistrés par les sens.
Rêves issus des expériences personnelles : souvenirs ou événements vécus récemment.
Rêves motivés par les désirs et aspirations : manifestations des souhaits non réalisés ou inconscients.
Rêves symboliques ou imaginaires : constructions du mental qui explorent des situations hypothétiques.
Rêves liés à l’état des doshas : agitation mentale, émotions ou déséquilibre corporel influencent le contenu. Selon Charaka, on voit différents types de rêves selon la dominance ou l’aggravation de Vata, Pitta ou Kapha.
Rêves prémonitoires : rares, survenant lorsque le mental et le corps sont purs et sattviques.
Rêves pathologiques (Swapna Arishta) : reflètent des désordres physiques ou psychiques et peuvent annoncer des maladies. Dans le Charaka Samhita, certains rêves sont décrits comme indicateurs de l’état de santé (y compris des signes avant‑coureurs d’une maladie). Ces rêves apparaissent dans des contextes cliniques et peuvent suggérer une évolution vers une maladie grave si certains symboles apparaissent.
Les rêves vécus dans un état de déséquilibre du tempérament sont appelés « doṣaja », ce qui signifie malade. Selon Charaka, ce septième type de rêve est en outre divisé en ceux qui n'affectent pas la santé et la forme physique du rêveur (« aphala ») et ceux qui les affectent « phala ». Les effets des rêves sont principalement classés en auspicieux (« shuba ») et inauspicieux ou malheureux (« ashubha »). D'autres maîtres anciens, comme Sushruta et Sharangdhara, ont également décrit les rêves comme des présages, ceux qui annoncent des résultats ou des événements favorables (« su-swapna ») et leurs pendants négatifs (« duh-swapna »).
Un autre sage de la tradition ayurvédique, disciple de Punarvasu Atreya, Acharya Haritha, a décrit les rêves selon la durée de leur impact après avoir fait un rêve. L'impact des rêves que nous faisons pendant la première partie de la nuit persiste généralement pendant un an, tandis que celui des rêves de la deuxième et de la troisième partie de la nuit persiste pendant environ six mois et 90 jours seulement.
Les effets des rêves survenant pendant le dernier quart de la nuit ou tôt le matin ne peuvent persister dans notre esprit que pendant dix jours.
Les rêves faits pendant la saison des pluies ou en journée persistent pendant six mois. Ceci est également décrit dans le Bramhavaivarta Purana, un texte sanskrit majeur.
Ces classifications permettent d’utiliser les rêves comme outil d’observation de l’état global du patient, c'est pourquoi lorsque vous discutez avec un médecin ou thérapeute en Ayurveda, ils vous demandent aussi quels sont vos rêves.
Les rêves pendant la grossesse
Certains enseignants expliquent que certains rêves de femmes enceintes (« garbha linga dharana ») peuvent révéler le sexe de l'enfant à naître.
Susruta, grand médecin ayurvédique, père de la chirurgie ayurvédique et auteur de la sushutra Samhita, a clairement décrit dans son texte les rêves spécifiques indiquant le sexe d'un enfant à naître.
Les objets observés dans ces rêves sont évalués selon des caractéristiques masculines ou féminines, permettant ainsi une classification. "Par exemple, faire des activités, manger et boire comme un homme, voir des fruits, une fleur de lotus rouge (« padama »), une fleur de lotus bleue (« utpala »), un lotus nocturne (« kumuda »), du jus de mangue épais (« amrataka »), ou encore voir des choses similaires (« padartha ») en rêve, signifie que le nouveau-né sera un garçon.
En revanche, faire des choses comme manger et boire comme une femme, voir des bananes sucrées (« kadali »), des fleurs comme le taruni (une fleur sauvage originaire du sud de l'Inde), des fleurs d'hibiscus (par exemple, la rosejapa), ou encore voir des choses similaires en rêve, indique que le nouveau-né sera une fille."
*extrait inspiré des textes traditionnels d'époque
Les rêves prémonitoires :
Nous avons vu précédemment que le médecin Charaka dans ses ouvrages mentionne les rêves prémonitoires. En effet, l'Ayurveda reconnait que certains rêves peuvent être porteurs de messages plus subtils, pouvant parfois annoncer des événements futurs. Mais cela se produit uniquement si le mental du rêveur est clair, stable et purifié. Ce type de rêve ne survient pas dans un esprit troublé ou saturé. Il se manifeste chez les personnes ayant développé Sattva, grâce à une vie équilibrée, un mental paisible, et une pratique régulière du yoga, de la méditation, du silence et d’une alimentation sattvique.
Ces rêves sont généralement rares, marquants, et laissent une impression profonde au réveil. L’Ayurveda invite toutefois à les accueillir avec discernement, sans surinterprétation ni attachement excessif.
Lorsque je vous parle d'Ayurveda, je ne cesse de répéter que tout commence par l'observation, et le domaine des rêves ne fait pas exception. Observer ses rêves pour mieux se connaître est un des innombrables chemins vers la connaissance de soi.
Les rêves sont de véritables miroirs de notre équilibre intérieur. Ils nous parlent de nos doshas, de notre mental, de nos émotions et aussi parfois de notre chemin d’évolution. Tenir un journal de rêves est une pratique simple et puissante pour affiner cette écoute intérieure.
" Le sommeil est une médecine, les rêves en sont la voix subtile."
Dans mon atelier "sommeil réparateur", du cycle Chemins d'Ayurveda, nous explorons en profondeur le sommeil, ses déséquilibres et les clés concrètes pour retrouver un repos réparateur et conscient. Prendre le temps d’écouter ses rêves, c’est déjà commencer à écouter son corps et son âme.
Que vos nuits soient douces...
Elsa
Anahata Nîmes Ayurveda






